Grosse[s] Boule[s], etc.

Des histoires soft sexu de boules, par Salomé Landry

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Quelque chose en moi a toujours été absent. Un canyon creusé à la hache sillonne mon corps. Une peine insatiable est gravée en moi comme dans toutes ces femmes qui m’ont précédées. Une lignée de douleur. La folie, qui s’est déclarée immense en moi, m’a amené la lucidité nécessaire pour ne jamais répéter cette génétique. Ma pointe de vérité, la seule, qu’il m’arrive encore d’échapper.

Ce canyon, quand il se fait supportable, se camouffle heureusement bien. Bas résilles, lèvres peintes, minijupes et décolletés. Cigarette tachée de rouge qui fume entre mon index et mon majeur. Je me tiens au-dessus du monde, là où les passants, la ville, qui défile sous mes pieds, mattent le dessous de ma jupe. Je suis constamment envahie du mouvement des autres, de leur bassin, jamais du mien. M’en fou. J’ai peur des hauteurs et je m’en fou. Une nuit, je me suis même couchée sur Paris ; je me suis laissée pendre dans le vide, seule la pression de ma poitrine contre une maigre barrière me retenait. J’avais les jambes, les bras et la tête complètement abandonnés à l’air épais et humide. Du haut de ce douzième étage, je n’ai pas eu peur. Même mes peurs, un jour ou l’autre, me fuient à force d’en avoir marre d’être étouffées par moi. Tout, un jour ou l’autre, prend congé de moi, de mon corps défoncé, vêtu de trous, peint et repeint chaque jour, pourri.

Je force les choses à prendre congé de moi, la stabilité n’est pas pour moi : elle vide mon corps, l’empêche de se putifier dans toute sa grandeur. Quelques semaines déjà depuis ma dernière putification, j’essaie de résister à l’envie de massacrer tout ce qui est patient avec moi. J’ai peur que l’on me cloisonne entre ses bras. Comme par prévention, je sors mon gun imaginaire et je flingue tout. Il faut se rendre à l’évidence : il est impossible de s’imaginer un futur avec moi, je crève à petit feu. Je vis dans l’étouffement, dans la recherche du prochain exutoire, de la prochaine échappatoire de secours.

Les bébés et les enfants me donnent pourtant envie de pleurer, les ventres ronds de vie aussi. Mais jamais plus je ne regarderai l’avenir dans les yeux, jamais plus je ne le confronterai. Jamais plus d’enfant dans le bas de mon ventre, jamais plus d’amour éternel, jamais plus de projets communs. Seul mon corps percé, usé jusqu’à la corde, défoncé, au centre de mon moi sombre qui bardasse. Dans le bas de mon ventre, que des queues, des doigts et des objets de plastique. Jamais plus de fœtus. Jamais plus.

Je veux me putifier devant la grandeur de ces hommes qui m’endurent le temps d’une track. Ces hommes qui se plient à mon corps, qui sont incapable de voir plus loin que mon corps défoncé. La tendresse m’effraie. Je suis un cliché ambulant.

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sécrétions 2

Après l’éjaculation, vidés d’eux même, mes amants renouent avec leur besoin de virilité, leur déni d’amour. On ne tombe pas en amour avec une baise, encore moins avec une pétasse. Il arrive cependant, qu’entre la tension ultime et le relâchement brusque, ils laissent entrevoir une faille qui cisaille leur corps. Une faille douce et rose tapissée de velours noir. Creusée de mes ongles, de mon sexe, de ma bouche.

sécrétions 1

Mes histoires de culs, vulgaires et moins vulgaires, sont nombreuses, variées. Parce que je suis poète, parce que je me suis putifiée. J’éprouve un malin plaisir à me faire venir sur la peau plutôt qu’en moi, à faire venir un homme avec les pulsions de mon vagin lorsque je jouis.

Cette nuit encore, un homme à mes côtés me flattait le corps tout entier, insistait sur mes fesses, glissait ses lèvres dans les plis de mon cou et contre mes joues. Il me chuchotait comme j’étais belle, comme il me voulait. Cette nuit encore, cet homme, en trois coups de reins, a tenté de faire son territoire dans mes muqueuses. Ce soir, un autre gobera ce dépôt en moi de sa grande gueule assoiffée, viendra y tremper sa queue, en espérant être le premier, en espérant sa semence plus puissante, plus odorante, peut-être. Or, les semences, à force de se mélanger, se ressemblent toutes et n’ont plus de particularité. Par la répétition et le nombre, chaque caresse est devenue vide, chaque pipe, chaque cri, chaque orgasme, tout. Seul le moment compte, seule leur soumission devant mon plaisir. Pourtant, je me souviens de chacun comme si c’était hier.

Hier encore ces hommes inconnus à qui j’ai confié mon corps en un élan de préoccupations inhibées. Leurs testicules qui, lorsque je leur demande de me prendre par derrière pour oublier leur visage, frappent contre mon pubis. Leurs énormes membres veinés qui éclatent entre mes doigts. Ma langue s’agitant sur leur gland. Le gout de leur sperme au fond de ma gorge, sur les côtés de ma langue. J’en viens pourtant à oublier ceux qui m’ont passé trop de fois sur le corps, trop de fois de la même manière, souvent une fois de trop. Je déteste les routines et c’est pourquoi j’aime tant l’adultère. Les hommes, un jour ou l’autre, apprennent à lire mon corps, mémorisent une routine pour le faire jouir. Alors, il n’y a plus de mérite. Je jouis, pareillement à hier et je suis prête à le parier, pareillement à demain.

Hier soir, un homme baratinait des promesses avec son corps, embrassait ma gravité, m’imposait la sienne, son corps sur le mien. Il me baisait avec délicatesse, bien mesurée, bien pesée, avec tact. Son sexe entrait en moi, en ressortait tout aussi précisément, mes ongles s’enracinaient dans son biceps comme je jouissais. Je me fais baiser aux antipodes de ce qu’on imaginerait pour une pétasse comme moi. Les hommes, lorsqu’ils pénètrent mon intimité, s’efforcent de mériter mes cris, de mériter quelques mots crachés du revers de la main sur le coin d’une feuille. Pas un ne manque, comme par défi, d’étaler sa langue contre mon sexe, de la faire agiter avec précision, goulument. Du coin de l’œil, je les vois m’observer, guetter ma réaction, mon cris qui sera, espérons-le, plus fort que le précédent. Certains ont joué le jeu trop longtemps, m’ont épuisé, tellement que mes jambes en on tremblées toute la nuit. J’aime les voir se perdre dans leur égo d’Homme, les regarder vouloir tellement qu’ils s’oublient un instant, qu’ils omettent de constater leur soumission devant mon sexe.

Lorsqu’ils finissent de se perdre en moi, lorsque, d’un coup de bassin, d’un coup de main, je les ramène à la réalité, leur urgence animale les pousse à faire leur territoire. Je les sens, entre mes bras, essayer de contrôler leurs pulsions d’affamés, de les faire taire, en vain. Leur épiderme, au contact de la mienne, se durcit, s’épaissit, de plus en plus, jusqu’à se relâcher complètement, sur moi. C’est ici que je pénètre dans l’Histoire, celle avec un grand H, qui appartient à l’Homme. Je porte contre ma peau une ADN volé, arraché à eux. Leur semence est venue troubler la mienne, au plus profond de mon être, est venu corrompre mes cellules, et alors ils pensent qu’ils ont gagné je ne sais quoi. Par instinct de survie, ils oublient qu’ils ont perdu au jeu ; ils oublient leur soumission, la vulnérabilité qu’ils m’ont offerte. Mon corps, barbouillé du leur, redeviens mien et c’est moi qui quitte avec ce barbeau, le leur. De moi, ils ne garderont qu’un souvenir marquant qu’ils rêveront encore mille fois, l’espoir d’un jour transcender un haïku.

Hibiscus et étoiles

Mon corps est un néant, un de ces néants dont on ne vient pas à bout. Montent en tourbillon mes caprices, descendent en chute mes espérances. J’ai la tempête incessante au bas de mon ventre, un trou béant entre mes deux sourcils. Un trou de balle naturel. Il m’arrive d’avoir le vertige de ma propre hauteur, de ressentir la petitesse d’un moi qui ne touche rien vraiment. Il y a des mots qui coulent sur mon visage sans cesse, effleurent ma langue et le bout de mes doigts, mais quittent tout aussitôt.

J’ai mis ce matin mon rouge à lèvre pour ne pas être embrassé et je n’ai rien mis sur mes yeux pour pouvoir leur permettre de pleurer sans colorer mes joues. Une femme dont j’aurais voulu l’attachement maternel m’a parlé des enfants abandonnés, des enfants délaisses, de ceux qui ont des parents en dépression. J’ai eu envie de pleurer parce que j’ai pensé à ma tête en bouillie mais c’est pas grave. Je croise les doigts pour que ce ne soit pas toute la vie.

Je passe mes journées à ne pas comprendre ce que les gens me disent. Je comprends, un peu, que je suis dans une outre-vie. Pas vraiment la leur, pas vraiment la mienne. J’ai eu la chance d’avoir une bibliothèque dans ma vie pour me diagnostiquer l’outre-vie, pour vivre dans quelques lignes imprimées sur une vieille page jaunie. Au moins, je sais ça. Je sais que les mots guérissent pendant trois secondes peut-être et que ces instants valent plus que l’absence. Je vis, à garrocher mes espoirs et ma vie entre deux mots, dans ce millimètre qui sépare la phrase de son point. Il y en a qui savent placer ces mots, créer des instants de bonheur pur avec qu’un bout de papier et un peu d’encre, moi pas. J’ai le trou béant et ça sort mal.

Des matins, j’aimerais partir quelque part où je pourrais ouvrir ma fenêtre, chaque matin, sur un vent frais. Un vent frais qui caresserait mon visage, rincerait ma chambre de mes songes troubles, mais je ne sais pas dire au revoir. Je ne sais pas partir correctement, je marche toujours un peu croche. Je voudrais vivre quelque part où la mer cognerait mes genoux aussi souvent que possible, où je mènerais mon propre bateau, parce que j’ai un peu le mal de mère. Peut-être les chats roderaient sur la plage, mangeraient les restant de crustacés à la place des oiseaux et leurs poils se colleraient sur ma peau mouillée. J’aimerais que les émotions viennent à moi doucement, j’aimerais prendre le temps de sentir l’air salin sur ma langue, j’aimerais voir le reflet de la lune contre ma peau nacrée. Je voudrais être bien seule, être capable d’apprivoiser mon coin d’imagination, que doucement, s’entrouvre sur mon passage l’air sucré des hibiscus et celui salin de l’étoile.

J’aimerais voir clair même dans les racoins d’obscurité qui se tiennent partout, même au centre, mais je ne sais pas dire au revoir.

Me too

Les yeux bouffis de maquillage pas démaquillé, les matins sont vides, dans sa chambre. Nos lèvres se frôlent, à peine une seconde, passe une belle journée. Dans ma tête j’te dis que je t’aime. Jamais avec des vrais mots, je ne me souviens pas te l’avoir dit pour de vrai. Juste cru comme ça, je t’aime. Autrement que trois lettres majuscules en gommettes sur un mur blanc. Pourtant j’y pense souvent, je me suis même pratiqué. Dans le noir, un soir, pendant que tu prenais ta douche. Je l’ai dit tout haut, avec ma voix rauque, j’ai attendu que tu reviennes me prendre dans tes bras. Cette fois, ce n’est pas vide de sens. Cette fois, ce n’est pas un amour d’adolescente. Cette fois, c’est une relation saine, tellement que j’en doute parfois. Cette fois, il faudrait que j’ouvre la bouche, que je le gueule it to you, doucement, versé dans l’oreille. Il faudrait que je le dise autrement qu’en pleurant, autrement que les dents serrés. I love you, pour tout de suite, jusqu’à ce que ça cesse.

Les yeux bouffis de maquillage pas démaquillé, les matins sont vides. Je m’ennuie d’une plage imaginaire où je pourrais t’emmener, que toi, une fois par semaine. Juste pour être avec toi et qu’on ait le sable dans les craques ensembles. Une nuit entière, un stéréo dans les palmiers. Loin des garçons d’Internet qui wanna fuck?. Loin de ceux que je suis incapable de me get. Juste parce que toi. Surtout parce que moi. Viens encore dans ma chambre de draps roses, viens encore dans ma chambre de teenage dream, viens dormir comme un ange dans mon cou, viens puer de la gueule encore dans ma face chaque matin. Dis-moi encore I love you avec les yeux, avec les mains. Ne te lasse jamais de me bécoter le dos, même quand j’ai mon caractère de cul.  Flatte mes fesses sans relâche, pis saches que me too.

Sang titre

Tu sens ma vulve qui sent les gâteaux. Le sucre que j’avale tous les jours, entre deux sacs de chips à saveur d’anxiété. Tu sens mon sang, celui que mon corps a échappé sur toi, en grande masse chaude et gluante sur ton bas ventre et que j’ai nettoyé, comme on nettoie un enfant. Tu sens mes larmes, salées et tièdes, qui ruinent mon visage et qui picotent mon cou chaque fois. Chaque fois.

J’ai l’impression que mon corps à moi ne sent pas ton pénis, sauf lorsque je me déshabille pour prendre ma douche le soir après un matin d’amour mouillé. Mon corps est un mélange d’artificiel et de négligé ; les produits pour les cheveux, les crèmes, le maquillage, le ranci et la sueur anxieuse. Mon corps qui se cache lui-même, qui sait cacher son gras, ses poignées d’amour et son ventre comme par honte de ne pas être celui des soeurs Kardashians, n’a pas d’odeur.

À l’aube de nos quatre vérités, j’ai eu besoin de nommer l’espace qui existe entre nos deux corps. Ce jardin, qui n’en est pas vraiment un puisqu’il n’a pas de limite, touffu, qu’on s’est permis de faire ensemble, avec le bois des arbres à souvenirs et le murmure des promesses oniriques. Ce jardin où le vent ne se tait jamais, où il bourdonne parfois entre nos nombrils, où le vent est maître. Sans trop le cloîtrer par peur de l’étouffer, j’ai eu besoin de mettre des mots sur cet espace malléable entre nous. Non pas pour le figer dans un temps et un espace, non pas pour qu’il cesse de grandir entre nous, pour mieux se rétrécir lorsque la distance entre nous est nulle, mais pour savoir. Pour savoir si le ruisseau qui relie ma cheville à la tienne est obligé de n’avoir qu’un seul courant. J’avais besoin d’un mot pour habiller le ciel entre nous, un mot sous lequel me couvrir en cas d’intempéries.

Pise

Pour ce dîner dans le reflet des étoiles, on mangerait sûrement des pizzas pochettes. Celles quatre fromages parce que t’sais. On parlerait, de nos enfances et des vacheries qu’on a vécues, les fesses dans le sable. On parlerait pas du futur parce qu’on est pas comme ça. 

 

Quand je lis des livres qui parlent de la mort je pense à toi. Quand je pense à ma mort, je me dis qu’elle doit se faire avant la tienne. De nous deux, je dois être la première à mourir. Parce que tu es bien plus fort que moi. J’aimerais être forte comme toi. Juste au cas où. Mais j’suis pas forte comme ça. J’suis pas forte comme ça pis j’suis pas prête à partir tu’suite. Ça fait que attends. Attends que ma peau de bébé vieillisse et se creuse. Attends que mon coeur décélère pis que mon intérieur humide fasse en moi de lents mouvements vers la décomposition. Attends que je parle pour partir.

La nuit, quand je suis avec toi, j’aime quand tu me serres fort. J’aime que tu tiennes ma main, quand il fait trop chaud. Alors, je sais que tu es là, que tu t’accroches à moi et que quelques fois, ça nous aide à mieux flotter. Même si des fois, ça m’empêche de dormir. Je dois te dire que j’ai tout le temps peur que tu meurs.  Que tu disparaisses miraculeusement, que je reçoive un appel fatal, que je retrouve ton corps jauni et froid. J’ai vu un corps comme ça rien qu’une fois dans ma vie et j’y repense tout le temps. Comme une vision d’horreur qui revient sans cesse se mettre de force dans mes yeux. La peau jaunie, la bouche entrouverte et les yeux révulsés. Le corps tendu et à la fois libéré. J’imagine que tu as la même image dans ta tête mais en mille fois pire: le corps jauni, c’était un peu toi. Sur les bancs d’hôpital après, j’ai senti qu’on venait de perdre un morceau de toi. Tes articulations ont flanché, ton dos aussi. Des boulons et sûrement même une pièce de machinerie lourde sont tombés de toi, sans faire de bruit. J’ai souvent l’impression que tu cherches encore un peu ces bouts de toi. Ils ne reviendront pas. Les trous vont se remplir de souvenirs. Tout en restant ma personne préférée, tu en es devenue une nouvelle. Un drame s’est inscrit dans tes os. Par moments, tu prends un peu les allures de la tour de Pise et je me sens comme une touriste qui fait semblant de te retenir de tomber.

Le matin, quand je suis avec toi, j’ai envie de te faire des crêpes en forme de pleine lune et des bisous en forme d’étoile, pour nous féliciter d’être rendus un jour plus loin. Je reproduirais ma carte du ciel sur ton plafond pour te montrer que j’ai l’amour et la souffrance en scorpion, comme toi. Comme si ma planète Vénus était venue se loger dans le creux de ta clavicule. J’aimerais te montrer que c’est sûrement pour ça que tu es une de mes personnes préférées et que même si j’ai essayé de t’haïr quelques heures, même si j’ai brisé volontairement le vinyle que tu m’avais donné en cadeau, demain je vais être encore là parce que la lune, le soleil, les planètes et la mer vont m’y pousser.

 

Pour le dîner, je voudrais te montrer que quand on respire la mer, on se sent un peu plus proche des étoiles. Juste en haut de Cassiopée, je te montrerais que je suis un peu comme toi. Que jusqu’à ce que notre satellite explose, on peut faire un bout de chemin ensemble. Je te montrerais la nouvelle étoile qui a poussé en haut de ma fesse et on continuerait à ne pas se dire les choses qu’on ne se dit pas. Je ne te dirais pas qu’un soir d’Octobre que je feelais comme Novembre, j’ai chanté l’espionne russe dans ma tête pendant qu’on faisait l’amour. Je ne te dirais pas que j’ai remis notre relation en question quand j’ai si que tu n’aimais pas les chats. Pour ce dîner dans le reflet des étoiles, on mangerait sûrement des pizzas pochettes. Celles quatre fromages parce que t’sais. On parlerait, de nos enfances et des vacheries qu’on a vécues, les fesses dans le sable. On parlerait pas du futur parce qu’on est pas comme ça.

Au souper, je te montrerais que tu vois, quand on respire fort, le temps va plus vite et notre corps se répare. Mon coeur d’appoint derrière mon genou cesse de battre parce que le vrai recommence à battre. Tes boulons et ta machinerie lourde se reconstituent peu à peu.

Demain, quand je serai moi aussi une gravure dans tes os, un souvenir étiolé en forme d’articulation, et que tu regarderas la nuit avec une autre, j’aurai toujours une planète dans ta clavicule et tu auras toujours une étoile en haut de ma fesse. Parce que même dans la distance et le silence, je veux que tu me laisses partir avant.

Haikus violents de coins de corps

#1

Au creux de mes genoux

Ta crasse

En automate de la chiffonne

Au creux de ma main

#2

Au bout de la nuit

le soleil

au creux de ta bouche

#3

Cigarette post-coïtale

odeurs mixtes sur ma main

Kerouac en trame sonore

SUCK MY MILK

#4

Nos creux en harmonie

Tu soupires, je hurle

Tes doigts en moi

Tu me manques

#5

Tes yeux qui encrassent ma peau

je voudrais les crever des miens

ton encore tatouée sur moi

j’arracherais ma peau, t’en étoufferais.

#6

J’ai été tachée de toi

de ta bave sur mon oreille qui craquait

de ta main contre mon sein qui pleurait

de ton membre qui forçait en moi

Quand le froid revient

de la sens fendre à nouveau

j’entends mes pleurs de bout du monde

 – mes cris qui bardassent en moi

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Sang #3 – Bloody type

J’ai des envies meurtrières de toi

You, trouble

De ton corps très grand contre le mien tout petit,

Mon plexus solaire sous ta lune

Les successions de nuits divisées en deux.

L’after-party dans un cou trop épineux ;

une cabane d’enfants entre des jambes violentes.

 

Le cou encore plus bleu que pensé,

les cuisses encore saignantes,

j’ai logé ma tête

dans le tiens rosacé

(de cou)

Attendant que tu déballes ton coeur ligoté

sur moi,

tel un boucher sur sa table sanglante

tachée.

J’ai des envies meurtrières du noyeau qui descend dans ma gorge

qui ne descend pas assez

De mes poumons de roche au centre de ma cage.

Mon ventre fané étendu au long de mon bassin,

les successions de mots en couteau dans mes mains,

un dans ta poitrine, deux en moi

la bile en chute libre sur mes orteils,

un monde plaster récolté à l’infini

au cortex cérébral

Le cou plus bleu que vu,

les cuisses saignantes,

j’avais caché ma tête dans le tiens rosacé

(de cou),

jusqu’à ce que tu déballes ton coeur ligoté

sur moi,

tel un boucher sur sa table

tachée.

liste #1

Ma chambre comme un cocon en labyrinthe

 

Mes bobettes souillés étaient tachées de toi

Avant que tu m’abandonnes, que je dissèques ton corps en mille mots méticuleusement choisis au dictionnaire et que mon souffle, suivant les mouvements de la mer, t’oublie peu à peu.

Crasse

Carcasse

Pulpe

Lèvres

Charogne

Cicatrice

Cicatriste

Crevasse

Carambole

Tarentule

Sexe

Poussière

Immonde

Dissection

Dix Sections

Hurle

Balafré

Brule

Hanche

Berge

Verge

Cœur

Cavale

Tombale

 

Mes poumons maintenant libres des tiens,

J’aurais voulu que tu sois là pour constater la candeur qui se loge lentement en moi.