Me too

Les yeux bouffis de maquillage pas démaquillé, les matins sont vides, dans sa chambre. Nos lèvres se frôlent, à peine une seconde, passe une belle journée. Dans ma tête j’te dis que je t’aime. Jamais avec des vrais mots, je ne me souviens pas te l’avoir dit pour de vrai. Juste cru comme ça, je t’aime. Autrement que trois lettres majuscules en gommettes sur un mur blanc. Pourtant j’y pense souvent, je me suis même pratiqué. Dans le noir, un soir, pendant que tu prenais ta douche. Je l’ai dit tout haut, avec ma voix rauque, j’ai attendu que tu reviennes me prendre dans tes bras. Cette fois, ce n’est pas vide de sens. Cette fois, ce n’est pas un amour d’adolescente. Cette fois, c’est une relation saine, tellement que j’en doute parfois. Cette fois, il faudrait que j’ouvre la bouche, que je le gueule it to you, doucement, versé dans l’oreille. Il faudrait que je le dise autrement qu’en pleurant, autrement que les dents serrés. I love you, pour tout de suite, jusqu’à ce que ça cesse.

Les yeux bouffis de maquillage pas démaquillé, les matins sont vides. Je m’ennuie d’une plage imaginaire où je pourrais t’emmener, que toi, une fois par semaine. Juste pour être avec toi et qu’on ait le sable dans les craques ensembles. Une nuit entière, un stéréo dans les palmiers. Loin des garçons d’Internet qui wanna fuck?. Loin de ceux que je suis incapable de me get. Juste parce que toi. Surtout parce que moi. Viens encore dans ma chambre de draps roses, viens encore dans ma chambre de teenage dream, viens dormir comme un ange dans mon cou, viens puer de la gueule encore dans ma face chaque matin. Dis-moi encore I love you avec les yeux, avec les mains. Ne te lasse jamais de me bécoter le dos, même quand j’ai mon caractère de cul.  Flatte mes fesses sans relâche, pis saches que me too.