Texte concassé du 20 décembre

by salomelandry

Au creux de mon rein s’est niché sa main d’argile, salissant ce bas de dos qui ne tient plus sous le poids des épaules. Le soleil est tombé dans les rues de Montréal, devant mon appartement qui n’est pas chez moi. Autour de ma fenêtre, la ville a pris en feu et seuls les fous n’ont pas crié. Ma main m’a perché à son cou et j’ai vu le bleu de ses yeux s’effacer sur le flanc, couler sur les joues. Ses espoirs ont filé sur la peau lisse et douce, tandis que les miens se sont accrochés dans sa peau rude et concassée par les irruptions volcaniques. Pendant que son cœur volait en cerf-volant vers le ciel fendu d’azur, j’agonisais. J’agonisais. J’agonisais. J’entendais nos sanglots entremêlés en boucle dans la tête, en trame sonore des rêves et des pensées. Le bleu du jour fendait celui de la nuit et les parcelles de soleil en réverbère pleurait contre mon mur. Les étoiles que l’on regardait pour ne pas se perdre on commencé à s’entrechoquer, dans un tango impossible, étourdissant. Mes draps ont coulés le long du corps froid et inerte puis se sont évaporés dans sa voix qui gémissait silencieusement.

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