Étoiles, coeur, étoiles, coeur, étoiles.

by salomelandry

Les étoiles étaient belles mais j’ai pas vu la lune. Couchée dans le hammac, un pied au sol, j’ai plongé ma tête dans le paysage qui s’offrait à moi: des grands arbres, comme en érection, qui s’enfoncent doucement dans la grande touffe sombre formée par les feuilles. Dans les quelques trous de feuilles: des bribes de la voie lactée, un écran d’étoiles foisonnantes. Me suis laissée aller malgré les conversations qui se tenaient autour de moi. J’ai laissé tombé mon féminisme quelques instants, toute mis de côté pour regarder devant moi et me dire que c’était beau. Simple de même, niaiseux de même. Peut-être tu peux pas comprendre cette capacité que j’ai de m’enfermer un moment à l’intérieur de ce qui m’entoure; prendre un peu le temps de toucher et de regarder ce qui m’entoure, de le sentir, de sentir mon bas ventre, mon obsession, mais j’te jure que c’est fantastique, que si je pouvais je t’y emmènerais avec moi. Mais ça marche pas de même. Ça marche jamais simple de même. Tu peux juste me croire pis chercher ton univers à toi. Le seul problème c’est qu’après c’est dur de partir, c’est dur d’aimer les autres, de pas les trouver caves.

Un moment je suis même aller plus loin. J’savais pas trop pourquoi mais fallait que je me lève, ça me poussait dans le cul: «Aweille reste pas icitte c’est plusse beau là bas.» Je marchais un peu croche avec toutes les racines pis toute mais je me suis rendue où c’est que c’était beau: me suis couchée sur un tronc d’arbre à l’horizontal avec un immense écran d’étoile devant moi; pas d’arbre pour cacher. Y’avait trop de choses, je savais pu où regarder. Je voyais la voie lactée comme un ruban dans le ciel et les milliards d’étoiles autour comme des flocons de neige qui te tombent dans face pendant les tempêtes où c’est que toute ce que tu peux faire pour rendre ça moins pire c’est de sortir la langue pour attraper quelques flocons fondants. Je cherchais la petite ourse parce que c’est la seule que je connais pis je la trouvais pas, je savais pas où regarder, alors j’ai chercher l’étoile polaire pour savoir où c’est qu’était le nord mais il y avait trop d’étoiles belles et assez brillantes pour me crever les yeux alors je l’ai pas trouvé. Je me suis demandée si c’était parce que j’étais à l’envers comme je me trouvais à l’autre boutte du dit Canada-marde. Je sais que ça a pas rapport, je sais que c’est pas intelligent de penser comme ça mais dans mon scénario de livre de film de ma vie ça marchait. Parce que toujours dans pleins de chansons ils parlent d’avoir la tête à l’envers, parfois même dans les étoiles. Sur le coup ça fittait, c’était presque scientifique. Qu’est-c’est que tu veux, c’était comme ça. Les ondulations fittaient sur le plat de la petite vie plate de tous les jours.

L’univers magique dont j’te parle il est là, dans les bosses formées par les ondulations. Ça sert à rien de chercher en dessous des roches et entre l’écorce et le troncs des arbres. Moi il est entre ma craque de correct gros sein, sous mes côtes en forme de vagues pas d’allure, dans mes cuisses trop grosses, dans mon entre cuisse un peu traumatisé un peu mouillé. Parce que ils et elles avaient tous et toutes quelque chose qui me faisait tripper jusqu’à ce que les autres choses rattrapent le reste et m’écoeurent. Au début, c’est la grandeur, la bedaine, le mullet, les bouttes de cheveux absents, les mamelons cutes, les mollets musclés, les becs mouillés pas bien mais jolis quand même, les mains qui farfouillent un peu partout, les seins lousses pas de brassières, la naissance des seins sous les décolletés, les lettres d’amour, la frivolité, les mots doux au téléphone et les cuisses en tronc d’arbre poilues. -Avant il y avait aussi leur regard quand je savais que mon petit jeux marchait quand je savais qu’ils pouvaient pas se retenir d’avoir envie de moi, quand je les excitais trop. Quand je tenais à avaler, à être sur le top pour faire mon show de seins. Pis j’ai pogné un coup de gêne, je fais pu ces affaires-là. – Après il y a leur façon de se tenir qui m’écoeure, tous leurs défauts corporels qui me flashent dans face, leur intelligence que je remets en doute jusqu’à les trouver complètement débile, leur haleine du matin qui commence à me déranger, leurs mains que je trouve qu’ils-elles utilisent pas comme du monde pis toute les reste qui me fait rire jaune jusqu’à les trouver poche ou juste me dire que je peux passer par dessus ça parce que anyway c’est stupide toute ce que je me dis comme ça dans ma tête. Mais faudrait juste arrêter quand c’est rendu là parce que leur façon de marcher et leurs mimiques commencent à m’irriter comme le christ.

C’est souvent à ce moment là que mes envies de petits shows reviennent. Je veux les sentir accrochés, attirés, excités pour mieux les repousser, pour croquer leur pomme d’adam. C’est méchant oui, mais c’est parce que quelque part au fond de moi, je les déteste un peu, ils et elles me font du mal souvent. Peut-être parce que ils et elles savent pas regarder les étoiles comme moi, parce qu’ils et elles ont pas d’histoires cachées à me raconter, que je me suis lassée des tounes qui me faisaient penser à eux, parce qu’ils et elles comprennent pas ce que c’est d’être moi, parce qu’ils et elles voient pas mon univers magique duquel je leur lance quelques bribes, quelques flashs. Pis s’ils et elles s’intéressent pas à ce que j’écris je m’échoue encore plus loin d’eux, j’ai pas envie d’eux, je veux rien savoir d’eux, sont pas bens les pauvres malheureux, ils et elles pourront jamais me connaitre s’ils et elles savent pas regarder les étoiles comme moi.

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