Bulle d’aimants

by salomelandry

Revenir de voyage, c’est comme une grosse peine d’amour avec un immense coup de poing dans la face, le tout mélangé avec un sentiment de satisfaction incertaine de retrouver tes petites affaires et ton monde. À soir, j’ai le cœur gros. J’ai le cœur qui a un peu envie de péter pareil comme les beignes fourrés qui splashent par le trou quand tu mords trop fort de l’autre bord. Oui, j’suis fourrée ben raide. Dans tous les sens du terme, à part de ça. Pis j’suis écoeurée de parler du temps qu’il faisait à tel ou tel moment quand je raconte des histoires. Parce que la température c’est pas important, c’est le temps qu’il fait à l’intérieur de soi qui est plus important. Je sais bien que c’est quétaine mais c’est un peu comme ça pareil. Who cares que quand on s’est engueulés cette fois-là il pleuvait dehors. Ça changera pas le dialogue pour autant.

Mais bref, reste qu’à matin, le lever du soleil sur les nuages c’était beau. Une dernière petite poésie de voyage après les 26 anecdotes notées dans un carnet qui constituent même pas le millième de toutes les anecdotes qu’on aurait pu écrire. Parce que c’était toute une anecdote au complet ; c’était un peu comme pas réel. J’sais pas c’était quoi l’idée de partir pour le classique on-sait-pas-combien-de-temps avec une personne avec qui tu partages des sentiments sales, mélangés et fucked up. J’sais pas c’était quoi l’idée mais c’était une christie de bonne idée. On a créée une bulle dans le temps. Notre bulle. Une bulle qu’on a partagée avec d’autres gens mais c’était notre bulle à nous autre pareil. Une ellipse temporelle qui reviendra plus jamais mais qui était belle, pas mal tout le temps.

Je recommencerais toute pareil, je changerais rien, même si je pourrais pas dire quelque chose de plus quétaine en ce moment. Parce que j’ai aimé piquer des clopes à des danoises et les fumer couchée dans le lit de leur van en écoutant Pumped up kicks, ou quelque chose de même, même si je trouve cette toune là à chier d’habitude. Pis y’a aussi eu la fois du jeep avec la toune quétaine qui me donnait envie d’embrasser tout le monde juste parce que ça disait «I want to kiss you, make you feel alright». Le nudisme aussi était exquis parce que même si le BC ça m’a fait engraisser, j’étais un peu plus à l’aise dans ma peau. Pis en quittant la bulle, en quittant celui qui a été un peu mon autre moitié pendant deux mois, j’ai pas mal eu envie de brailler, j’avoue.

Chez nous, je retrouve mes pestes, mes ami.e.s, ma famille pis mes chats. Je retrouve surtout la vie que j’ai laissé en plan avant de partir. C’est un peu vide parce que j’avais pas mal toute jeté avant de partir. J’me suis rendue compte que j’avais pu de bobettes du tout, ça fait que ma mère a été m’en acheté 10 en rabais chez La vie en rose. C’était sweet de sa part pis en plus elles sont sexy, juste comme je les aime. J’ai pas défait mon sac, j’étais trop occupée à faire des câlins à une de mes meilleure amie et à boire des coupes de vino pour me rappeler que je suis de retour dans mon quotidien vino-études. J’ai mis ma robe à fleur dans laquelle j’ai l’air encore plus grosse que je le suis déjà, genre 15 ou 20 livres en plus, mais qui me donne l’air d’avoir des seins vraiment cool. J’avais reçu pas mal de courrier. Pleins d’affaires d’administration, j’ai rien compris à mes finances pis à comment j’étais supposée recevoir mes crédits d’impôt pour solidarité. La vie d’adulte, ou plutôt la vie réelle, c’est encore un peu compliqué pour moi ça fait que j’ai acheté un bracelet à 3 piasses home made sur etsy d’une fille très cool. J’sais pas pourquoi j’ai fait ça, peut-être pour marquer le fait que je suis devenue une adulte pas responsable qui se fait tatouer fuck patriarchy sur les chevilles.

Le retour est rough.

La fin était rough.

Qu’est-ce qu’il y a d’autre à dire ? Rien.

Si lui se souviendra de mon dos quand il pensera à moi, toute sa vie ou pas je sais pas, et de mes tresses qui me rendaient cute en date de révolution, moi je vais me souvenir de son odeur et de sa douceur tendre cachée sous tout le reste. Ses histoires aussi. Celles que t’apprends à connaître par cœur. Y’a aussi l’histoire du voyage qu’on partage un peu. Beaucoup. Mais cette histoire-là, elle est trop longue et complexe pour que je vous la raconte au complet. J’peux seulement vous dire que c’était chaud ; ça change rien.

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