Carnet de voyage

by salomelandry

Entre les centaines de clopes, j’me sens un peu toute croche. Le genre de tout croche avec les genoux écorchés comme si je m’étais pété la yeule ben raide. Mais je sais pas mettre les mots sur mon bobo. Ou peut-être mes bobos. Pourtant le ciel est tout le temps beau pis les montagnes aussi. Le spotting entre mes cuisses c’est mes bobos qui coulent et qui se manifestent. Ils ont besoin de sortir. Pourtant c’est pas sérieux 3 millilitres par 24 heures. Mon bobo, il est peut-être pas sérieux, comme tout le reste dans le fond. “Je me sens la face comme du café”. J’ai jamais trop compris mais ouain, j’me sens un peu de même. Je m’ennuie de mon environnement d’écriture parfait, là où tout sort bien. J’ai l’impression d’écrire comme de la marde, que rien de bon sort. J’ai besoin de mon alcool pis de mes mots, des poils de chats qui collent au nez et qui me font éternuer. J’ai besoin du vent sur mes mamelons, de mes plaisirs solitaires.  

La montagne devant moi me fait penser à moi; un gros tas difficile à escalader et à saisir. Étrangement, je m’ennuie aussi de la route et de son incertitude que j’ai appris à apprivoiser. Les genoux chancelants, j’arrivais à oublier mes montagnes de roches intérieures et mes poques de cerveau. Je cherchais l’angoisse en moi et ne la trouvais pas. J’ai appris à dealer avec le vide extérieurs, maintenant je dois apprendre à dealer avec mon trop plein intérieur, mes petites fleurs salies rouge. 

 La vie est pourtant simple, pourtant belle, dans toute sa splendide complexité et dans toutes ses laideurs immondes. On pourrait se dire que la vie n’est rien, qu’elle n’est qu’une longue histoire qui s’effrite et qui tombe dans l’oubli. La mienne n’est qu’une série de brèves histoires sur papier, de mots qui s’entrechoquent sur des napkins de coin de table. 

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